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MIEUX COMPRENDRE LE PHÉNOMÈNE DE CONDENSATION

 

 
La condensation étant un enjeu récurrent pour les amateurs de bivouac, Samaya propose une lecture de ce phénomène naturel, afin de mieux comprendre sa formation et ainsi essayer de le prévenir lors des sorties en montagne.
 
La condensation dans les tentes de bivouac est un phénomène naturel qui survient lorsque l'air humide et chaud entre en contact avec une surface froide, passant ainsi de l'état gazeux à l'état liquide. Lors d’un bivouac, cela se produit principalement lorsque la température extérieure baisse pendant la nuit, tandis que l'air intérieur reste plus chaud. Cette différence de température entraîne la formation de gouttelettes d'eau sur les parois plus fraîches de la tente.
 
Le triptyque de l’humidité absolue, l’humidité relative et le déficit de pression de vapeur
 
L'humidité relative (HR) et l'humidité absolue sont des concepts fondamentaux pour comprendre la dynamique de la condensation, tout comme le déficit de pression de vapeur (VPD). Ces trois notions interagissent de manière complexe pour déterminer quand et comment la condensation se produit dans les tentes de bivouac.
 
L'humidité relative est une mesure de la quantité de vapeur d'eau présente dans l'air, exprimée en pourcentage de la quantité maximale de vapeur d'eau que l'air peut contenir à une température donnée. La capacité de l’air à retenir la vapeur d’eau dépend fortement de la température. L'air chaud peut contenir beaucoup plus de vapeur d'eau que l'air froid. Par conséquent, lorsque la température baisse, l'air ne peut plus retenir autant de vapeur d'eau, augmentant ainsi l'humidité relative.
 
Lorsque l'humidité relative atteint 100 %, l'air est saturé. À ce stade, le point de rosée est atteint, c'est-à-dire la température à laquelle l'air doit être refroidi pour que la vapeur d'eau commence à se condenser en eau liquide. Par exemple, si l'air à l'intérieur d'une tente se refroidit jusqu'à atteindre le point de rosée, la condensation se forme sur les surfaces plus froides de la tente.
 
L'humidité absolue, en revanche, est une mesure de la quantité réelle de vapeur d'eau dans l'air, indépendamment de la température. Elle est généralement exprimée en grammes de vapeur d'eau par kilogramme d'air. Contrairement à l'humidité relative, l'humidité absolue ne change pas directement avec la température. Cependant, à mesure que l'air se réchauffe ou se refroidit, l'humidité relative changera parce que la capacité de l'air à contenir la vapeur d'eau varie avec la température.

 

 
Le déficit de pression de vapeur (VPD) est une mesure de la différence entre la quantité de vapeur d'eau que l'air peut contenir lorsqu'il est saturé (à une humidité relative de 100 %) et la quantité réelle de vapeur d'eau présente dans l'air. Le VPD est crucial pour comprendre les dynamiques de condensation dans les tentes. Le VPD se calcule comme la différence entre la pression de vapeur à saturation (PVS) et la pression de vapeur réelle (PVR). La PVS est la pression exercée par la vapeur d'eau dans un air saturé à une température donnée, tandis que la PVR est la pression exercée par la vapeur d'eau réellement présente dans l'air.
 
Quel est l'impact du VPD sur la condensation ? Un VPD élevé signifie que l'air est loin de la saturation, ce qui indique une faible humidité relative. Cependant, la condensation peut toujours se produire même si l'humidité relative est inférieure à 100 %, particulièrement lorsque l'air humide entre en contact avec une surface beaucoup plus froide. Dans ce cas, la température de la surface peut être suffisamment basse pour atteindre le point de rosée localement, provoquant la condensation de la vapeur d'eau sur cette surface froide.
 
L’interaction des facteurs provoquant la condensation
 
Dans une tente de bivouac, les interactions entre l'humidité relative, l'humidité absolue et le VPD déterminent si et quand la condensation se produit.
 
La nuit, la température extérieure baisse plus rapidement qu’à l'intérieur de la tente. L'air intérieur, qui peut être chargé de vapeur d'eau par la respiration et la transpiration, voit son humidité relative augmenter à mesure que la température baisse. De plus, les parois de la tente, plus froides que l'air intérieur, peuvent atteindre ou descendre en dessous du point de rosée. Si cela se produit, même si l'humidité relative de l'air à l'intérieur de la tente n'a pas atteint 100 %, la condensation se formera sur ces surfaces.

 

 
Stratégies de réduction de la condensation
 
En ventilant correctement la tente, on peut réduire l'humidité relative en permettant à l'air humide de s'échapper et à l'air plus sec d'entrer, augmentant ainsi le VPD. Cela aide à prévenir la condensation en maintenant l'air intérieur loin de la saturation. Le choix de l’emplacement du bivouac a également son importance : éviter la proximité avec les plans d’eaux, la végétation dense et les sols humides permet de réduire ce phénomène. Conserver le matériel humide à l’extérieur de la tente et essuyer les parois avec une serviette en microfibre sont également des gestes à adopter. La nuit avec un ciel clair et la rosée du matin, de même que la nuit passée dans un nuage ou avec du brouillard, augmentent l’humidité ambiante et la probabilité de condensation.
 
La condensation dans les tentes de bivouac est inévitable sous certaines conditions, mais la compréhension de ses mécanismes et l’application de stratégies de gestion de l'humidité et de ventilation peuvent être des clés pour passer une nuit confortable et au sec en pleine nature.

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